Donnie Darko, le film de 2001

Les films sortis de 2001 à 2019.

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Donnie Darko, le film de 2001

Messagepar Greenheart » Sam 28 Oct 2017 15:21

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Donnie Darko (2001)

Attention, ce film existe au moins en deux versions : courte cinéma de 2001, longue director's cut de 2004.

Sorti aux USA le 26 octobre 2001.
Sorti en France le 30 janvier 2002.
Sorti en Angleterre le 25 octobre 2002.
Sorti en blu-ray américain 2BR le 10 février 2009.
Ressorti en Angleterre le 23 décembre 2016.
Ressorti aux USA le 31 mars 2017.
sorti en blu-ray américain édition remasterisée 2BR+2DVD le 18 avril 2017 chez Arrow (anglais 5.1 sous-titré, pas de version française, nombreux bonus).
Sorti en blu-ray anglais spécial édition remasterisé 2BR le 9 janvier 2017 chez Arrow (région B, identique à l'édition américaine)

De Richard Kelly (également scénariste) ; avec Jake Gyllenhaal, Jena Malone, Mary McDonnell, Daveigh Chase, Mary McDonnell, James Duval, Arthur Taxier, Patrick Swayze, David St. James, Jazzie Mahannah, Jolene Purdy, Stuart Stone, Gary Lundy, Alex Greenwald, Beth Grant, Jena Malone, Seth Rogen, David Moreland, Noah Wyle, Drew Barrymore, Kristina Malota, Marina Malota Darling, Carly Naples, Tiler Peck, Patience Cleveland, Katharine Ross, Lisa K. Wyatt, Rachel Winfree, Jack Salvatore Jr., Lee Weaver, Phyllis Lyons, Ashley Tisdale, Scotty Leavenworth.

Pour adultes et adolescents*
*Le site Common Media indique que les jeunes estiment qu'il faut avoir au moins 13 ans, les adultes estiment au moins 15.
Attention, les adolescents comme les adultes doivent pouvoir discuter du film après compte tenu de la pertinence et de la gravité des thèmes abordés.

Le grondement sourd et lointain du tonnerre. Puis les oiseaux qui chantent : le jour se lève sur la vallée. Au milieu de la route git un garçon en pyjama, et sa bicyclette jetée sur le côté. Le garçon se réveille, très surpris, et contemple la vallée embrumée que surplombe la route. Il sourit.

Le garçon est remonté sur sa bicyclette et redescend tout le long de la route jusqu’à la petite ville de Middlesex, où va bientôt se tenir le carnaval d’Halloween, du 23 au 20 octobre. Les gens font leur jogging, d’autres soufflent les feuilles mortes sur leur pelouse et plaisantent avec leur épouses en les pourchassant avec l’aspirateur.

Dans le jardin, la petite sœur de Donnie fait du trampoline, sa mère lit – Donnie passe devant elles sans qu’elles le remarquent, et quand il va dans la cuisine se servir pour le petit-déjeuner, sur le pense-bête du frigo, il est écrit « Où est Donnie ? » Le soir, au dîner, la petite famille au complet – le père, la mère, la petite sœur, la grande sœur, et Donnie – est réunie sans qu’aucune conversation ne vienne troubler la mastication. C’est alors que la grande sœur rompt le silence en déclarant qu’elle va voter pour Dukakis. Le père, qui était en train de mordre dans sa part de pizza, laisse échapper un bruit surpris, tandis que la mère semble désapprouver mais continue de sourire comme si de rien n’était.

Le père, après avoir avalé, déclare enfin que peut-être que quand sa fille aura des enfants à elle, qui auront besoin d’un appareil dentaire, et qu’elle ne pourra pas les leur payer parce que la moitié du salaire de son mari va au gouvernement fédéral, sa fille regrettera son geste. La grande sœur sourit largement, moqueuse : le salaire de son mari ? Aussitôt, la mère s’esclaffe, approuvant d’un large sourire la remarque de sa fille aînée. Le père ne répond rien, alors la grande soeur enchaîne : de toute façon, elle ne compte pas en pondre un avant qu’elle ait au moins trente ans.

Alors Donnie demande, perfide, si sa grande sœur travaillera encore à la Grange de la Laine Filée (ou du Bobard, selon le contexte) – parce qu’il a entendu dire que c’était vraiment un endroit génial pour élever les enfants. Alors sa grande sœur sourit, le regard meurtrier, et répond avec un clin d’oeil presque nerveux que c’est très drôle. La mère intervient : non, elle pense qu’une année à faire la fête suffira pour sa grande fille – celle-ci ira donc à l’université d’Harvard dès l’automne prochain. L’intéressée objecte qu’elle n’a pas encore été admise à Harvard. Puis sa mère part à l’attaque, le verre de vin rouge à la main : est-ce que sa fille pense honnêtement que Dukakis protègera le pays jusqu’à ce qu’elle en ponde un ? Sa fille aîné répond du tac au tac : oui, elle le pense.

Alors la petite sœur demande si elle peut en pondre un. Ce à quoi Donnie répond d’un air faussement paternel : pas avant d’être en quatrième. Sa sœur aînée, hilare, regarde alors comment sa mère réagit. Celle-ci met un temps, puis fait mine de ne pas avoir compris. La sœur aînée de Donnie s’exclame alors qu’il est vraiment une bite. Alors Donnie fait mine de s’esclaffer, et déclare que sa sœur Elizabeth se montre un petit peu hostile dans ses déclarations et remarque que peut-être c’est à elle que Maman et Papa devraient payer un psychothérapeute à 200 dollars l’heure pour écouter ce qu’elle pense, afin qu’eux n’aient pas à le faire.

La mère de Donnie sourit à nouveau, l’air un peu plus crispée. Le père de Donnie continue de mordre dans sa part de pizza. Posément, Elizabeth répond que c’est d’accord, puis demande si Donnie voudra bien dire à Maman et Papa pourquoi il a arrêté de prendre son traitement. Visiblement touché au vif, Donnie tend un doigt accusateur en direction d’Elizabeth : elle est vraiment une enc.lée. Elizabeth éclate de rire. Leur mère leur demande de cesser, mais il ne semble pas en être question pour Elizabeth : est-ce que Donnie vient de la traitée d’enc.lée ? Le père fait alors une tentative pour demander à la petite sœur de quitter la table, mais il n’en a pas le temps : Elizabeth vient de répliquer à Donnie qu’il peut aller sucer l’enc.le.

Toujours aussi à cheval sur les détails, Donnie hausse le ton et demande à sa grande sœur si elle veut bien lui expliquer comment il pourrait sucer l’enc.le. Le père de Donnie s’est bouché les oreilles, la petite sœur pensive se pose visiblement la même question, et aussi qu’est-ce que veut dire « enc.lée ». Elizabeth ricane et demande si Donnie veut vraiment qu’elle lui dise, Donnie veut vraiment, mais leur mère ne veut pas, et exige que cette conversation indigne de la table du dîner cesse. Comme le silence retombe sur la table, la petite sœur demande soudain : qu’est-ce qu’une enc.lée ? Le père éclate de rire.

Plus tard, Donnie lit dans sa chambre. Sa mère frappe rapidement à la porte et entre. Sans relever les yeux de son lit, Donnie lance qu’il est en train de lire et qu’elle sorte de sa chambre. En réponse, sa mère croise les bras et interroge : où est-ce que Donnie part comme ça la nuit ? Donnie lève les yeux et lui demande si elle ne peut pas juste sortir de sa chambre. Alors sa mère lui demande s’il a recouvert de papier-toilette la maison des Johnsons. Donnie s’étonne : elle est seulement venue pour lui poser cette question-là ? Sa mère répond que non. Puis il s’indigne : il a arrêté d’emballer les maison depuis qu’il est en sixième ! Alors sa mère lui demande, les yeux brillants : qu’est-ce qui est arrivé à son fils ? Elle ne reconnait pas cette personne aujourd’hui !

Alors Donnie lâche son livre et rétorque : alors pourquoi ce n’est pas sa mère qui prendrait ces maudites pilules ! Sa mère ne trouve rien à répondre et sort en claquant la porte. Alors Donnie lâche un « chienne », et dans le couloir, sa mère qui a parfaitement entendu, se fige. Regrettant visiblement l’insulte, Donnie essaie de reprendre sa lecture sans succès, au bord des larmes. Pendant ce temps, sa mère est venue se plaindre à son père, également en train de lire : leur fils vient de la traiter de chienne ! Le père grimace, soupire, pose son livre et répond : elle n’est pas une chienne. Elle jappe – mais elle n’est pas une chienne.

Quant à Donnie, il s’est levé, s’est regardé dans le miroir de la salle de bain, a pris la boite de son traitement et avalé une pilule, le regard éteint. Plus tard, le père se lève, descend dans le salon et allume la télé : à l’écran, Dukakis apparait dans un spot de campagne présidentielle, où il promet de s’assurer que les USA ne feront plus jamais des affaires avec un dictateur Panaméen, que plus jamais ils n’apporteront d’aide... En entendant ces mots, le père de Donnie, à moitié endormi, grommelle un « fils de chienne ». Suit le spot de George Bush Sr., et le candidat d’affirmer que le Panama est un pays ami, et qu’il a parlé au président du Panama au sujet du blanchiment de l’argent de la drogue (vendue aux USA) : monsieur Noriega était là, mais il n’y avait aucune preuve que...

Dans le salon, la pendule sonne doucement minuit. Nous sommes le 2 octobre 1988, et le Lapin Géant dit à l’oreille de Donnie : « Réveille-toi ! »

Les fenêtres de la chambre de Donnie Darko s’illuminent. Donnie, groggy, s’est assis au bord de son lit, puis après plusieurs tentatives de se lever, finit par le faire, et traverser la chambre, l’air somnambule – et descend l’escalier, marche après marche. Le Lapin Géant explique à Donnie, qu’il l’a observé. Dans le salon, le père de Donnie s’est endormi devant la télévision. Donnie passe devant lui, passe devant le frigo, attrape le feutre véléda du pense-bête, et le Lapin Géant demande à Donnie de venir plus près.

Quelqu’un est sorti de la maison de Donnie Darko.

Donnie marche dans l’allée du jardin, en direction de la rue. Plus près, demande encore le Lapin Géant. Donnie arrive à la rue, puis les yeux ouverts et souriant, l’air espiègle, aperçoit enfin le Lapin Géant, qui l’attend sur un terrain de Golf, à côté d’un drapeau rouge. Le Lapin Géant dit : vingt-huit jours – six heures – quarante-deux minutes – douze secondes... c’est quand le monde finira.

Donnie Darko sourit davantage, et demande, d’un souffle de voix : pourquoi ?

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La bande annonce officielle HD de la ressortie de 2017 : https://youtu.be/rPeGaos7DB4

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Re: Donnie Darko, le film de 2001

Messagepar Greenheart » Sam 28 Oct 2017 18:33

Contrairement à ce qu'on peut régulièrement lire, le film Donnie Darko raconte bien une histoire parfaitement cohérente, présentée de plusieurs manières différentes en même temps.

Le niveau métaphorique est le plus facile à lire, si vous avez l'habitude des métaphores du fantastique et de la Science-fiction, le genre merveilleux ayant comme fonction principal de pouvoir raconter ce qui n'est pas racontable à l'origine, à cause des blocages ou de la complexité du sujet, ou parce qu'il n'existe pas de mots pour l'exprimer.

Ne lisez surtout pas les spoilers si vous n'avez pas vu le film, car il est très important de vous faire votre propre idée avant toute réflexion ou débat : Donnie Darko est une totale réussite du point de vue de la stimulation imaginative et du flot d'émotions à expérimenter, et tout comprendre est bien moins important que de d'abord voir ce que le film a à vous montrer.

Mais si vous avez déjà vécu (jeune) la part la moins choquante de ce que vit le héros de Donnie Darko, vous allez immédiatement reconnaître et très simplement ce que l'histoire raconte :
Spoiler : :
tout simplement ce qui se passe quand un enfant ou un adolescent réalise que le monde est rempli d'adultes incompétents, malhonnêtes, pervers, dépassés, perdus ou résignés - et que ce jeune se pose deux questions : 1°) est-ce que c'est lui qui est "fou" ou "dangereux" (et bien sûr beaucoup d'adultes vont abonder dans ce sens, et / ou d'autres encore plus dangereux le manipuleront pour exploiter son innocence et sa jeunesse) ; 2°) Est-ce qu'il doit faire quelque chose pour réparer ou prévenir les dégâts, et à quel prix ?


Le film n'est pas positif,
Spoiler : :
parce que tout en se présentant comme une boucle temporelle dans laquelle le héros pourra réaliser son instinct de justicier, il préfère suicider son héros plutôt que stopper et punir les adultes qui plantent la m...rde et cause tout le mal que nous connaissons pour ensuite en accuser d'autre ou accuser des idées, qui elles n'ont jamais pu faire quoi que ce soit sans passer par une main humaine.


Donnie Darko le film marche sur un fil, et je pense que c'est par peur d'encourager le public ou d'être accusé d'encourager le public que la production
Spoiler : :
sacrifie sur l'autel de l'impunité (car c'est bien l'impunité générale pour tous les monstres) son héros angélique, mais trop déboussolé et drogué par sa famille et son thérapeute pour prendre des décisions plus habiles : sa volonté a été détruite, et tous ceux qui connaissent des gens sous anti-dépresseurs savent de quoi je parle, aussi le Lapin Géant prend les rennes, exactement comme c'est indiqué sur la notice de l'anti-dépresseur : favorise le passage à l'acte - n'importe quel acte.


Quant au niveau littéral science-fictif ou fantastique, il est aussi relativement simple, vu qu'il fait appel à une
Spoiler : :
vision linaire du Temps facile à représenter sur une feuille de papier à deux dimensions, et qui n'est évidemment pas la réalité : parce que Donnie Darko est déjà tombé dans le passage temporel qui le ramène 28 jours avant le moment où le portail s'ouvre dans le futur vers le passé, Donnie Darko tue Frank (va tuer Frank) et parce que le Temps n'existe plus pour Donnie Darko, comme c'est expliqué lors des débats sur la théorie du voyage temporel, le Lapin géant, qui est sa culpabilité et ce qui reste de sa lucidité, est en mesure de faire prendre conscience Donnie de non pas la conséquence de ses actes, mais de la succession de ses actes, le poussant à se placer au point d'impact du réacteur, au lieu de rester en sécurité hors de sa chambre. Parce que Donnie Darko réalise qu'il peut le faire, il se rend à vélo au point d'entrée de la boucle une fois les 28 jours écoulés, qui est la route où il se trouve au début du film : la boucle repart, et cette fois, il meurt au début de la boucle. Bien sûr, une bien meilleure stratégie aurait été de recommencer la boucle en évitant l'idée stupide de quitter la soirée d'Halloween pour un lieu isolé et dangereux - et de faire interner la Mort en marche avant qu'elle ne tue quelqu'un, car c'est elle, et non Donnie qui a tué de fait sa bien-aimée. Seulement Donnie Darko était depuis trop longtemps sous anti-dépresseur et bien trop mal entouré par les adultes pour le réaliser - encore et encore on voit sa mère prendre la mauvaise décision, et le payer au prix fort, ce qui est sans doute la vraie leçon du film : arrêtez de céder aux harceleurs, ils n'existent que pour vous mener vous et tous les êtres qui vous sont chers en Enfer.


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