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Le visage, le film de 1958

MessagePosté: Jeu 6 Mar 2025 12:00
par Greenheart
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Ansiktet (1958)
Titre français : Le visage.
Titre anglais : The Magician (Le magicien)

Sorti en Suède le 26 décembre 1958.
Sorti aux USA le 27 août 1959.
Sorti en France le 4 septembre 1959.
Sorti en Angleterre en septembre 1959.

Sorti en blu-ray américain CRITERION US le 12 octobre 2010 (image magnifique, son très bon, bonus de qualité, livret reproduisant deux articles et un extrait d'un livre).
Sorti inclus dans le coffret 5 blu-rays anglais Ingmar Bergman vol. 2 BFI UK le 29 octobre 2021.

De Ingmar Bergman ; avec Max von Sydow, Ingrid Thulin, Gunnar Björnstrand, Bibi Andersson, Naima Wifstrand, Åke Fridell, Bengt Ekerot, Lars Ekborg, Toivo Pawlo, Erland Josephson, Oscar Ljung, Ulla Sjöblom, Sif Ruud, Axel Düberg, Birgitta Pettersson.

Pour adultes et adolescents.

(Mystère, fantastique, horreur) Le 19ème siècle, en Suède. Alors qu'elle est en route vers sa prochaine étape, la petite troupe du Théâtre Magnétique Vogler traverse la forêt alors que la grand-Mère Vogler rappelait, assise à l'abri dans le carrosse, que dans sa jeunesse, la forêt regorgeait d'esprits poussant des cris si épouvantables que personne n'osait y entrer.

Puis le jeune cocher Simson arrête leur attelage et se réfugie dans le carrosse, déclarant qu'il venait d'entendre crier un fantôme. Vogler lui-même, un très grand personnage aux cheveux et à la barbiche noire qui n'a pas prononcé un mot de tout le voyage, descend du carrosse et sort de la route, pour franchir un ruisseau à l'aide de deux étroits troncs d'arbres jetés en travers.

Comme s'il avait toujours su où il se trouve, il tombe sur le corps d'un homme hirsute et en haillons qu'il assied puis relève grâce à une flasque d'alcool. L'homme, soutenu, son propre visage à deux doigts du visage de Vogler, l'identifie immédiatement comme un homme de théâtre : ses cheveux et ses sourcils sont teints en noir, sa barbe est fausse et il est maquillé. Et l'homme hirsute, Johan Spegel, le sait car il a été lui-même comédien comique lui-même.

Vogler ne répond rien, mais ramène le comédien qui, gravement malade, dit être arrivé là pour mourir. Durant tout le trajet, Vogler guette le moment où le malade adossé à une couverture tendue contre la portière, expirera, et le comédien mourant assure qu'il ne fera rien pour cacher sa mort : son visage restera ouvert. Et peu après, il s'affaisse, inanimé.

L'impressario de la troupe, un homme joyeux et bedonnant dénommé Tubal, fait remarqué qu'ils ont vraiment tout gagné : déjà en fuite, la troupe est sur le point d'arriver avec un cadavre à la petite ville suivante, où il seront forcément arrêtés. Vogler ne répond rien.

Effectivement, le carrosse est arrêté à l'arrivée dans la petite ville et accompagné par la garde jusqu'à la résidence du Consul Egerman, qui, ayant entendu parlé de la troupe, entend les interroger, flanqué du superintendant Starbeck et de son médecin général, le docteur Vergerus.

Mais personne ne semble avoir découvert le cadavre de Johan Spegel.

Les trois notables entendent en avoir le cœur net sur les prétendus pouvoirs magnétiques d'Albert Vogel, qui servirait de couverture à des escroqueries notamment basées sur la distribution de fausses potions de guérison et autres philtres.

Le docteur Vergerus s'acharne particulièrement sur Vogler, prétendant n'avoir qu'une envie : disséquer l'hypnotiseur pour conserver plus tard ses organes, et en particulier ses yeux. L'épouse du Consul Egerman, qui rejoint inopinément le tribunal, semble particulièrement émue à la vue de Vogler.

Quant au quatrième membre de la troupe, le discret jeune homme se présentant comme Monsieur Aman, et servant d'interprète à Albert Vogel, il semble craquer et affirme catégoriquement qu'ils ne sont que des escrocs, que leur spectacle est entièrement truqué, et qu'Albert Vogel n'a aucun pouvoir.

Seulement Vergerus n'est pas convaincu et obtient du Consul une représentation privée de la troupe, qui conditionnera leur libération : Vergerus hait l'ignorance, il veut absolument savoir.

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La bande-annonce HD AUSTIN FILM SOCIETY (STUK) : https://youtu.be/jNV8MWw_jPc

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Re: Le visage, le film de 1958

MessagePosté: Jeu 6 Mar 2025 12:46
par Greenheart
Vu en blu-ray Criterion, copie absolument magnifique.

Le film est simplement formidable, avec un scénario qui fonctionne à tous les niveaux, une fois de plus pour Bergman directement puisé dans son expérience de la vie : lui-même directeur d'une troupe de théâtre et la filmant dans ses films, dont le Septième Sceau, il se représente lui-même dans le personnage de l'hypnotiseur Vogler.

Sans rien connaître de tout cela, le spectateur ne peut qu'être fasciné par la photographie extraordinaire, le mystère à tentacules, les rebondissements, ce qui n'est pas dit et qui se découvre.

A ma connaissance, le Visage (The Magician, Ansiktet) n'est pas disponible en blu-ray français : j'ai dû le voir en suédois sous-titré anglais, et il faut une attention de tous les instants pour ne rien rater de tout ce qui arrive à l'écran, et quand bien même on serait passé à côté de quelque chose, le film reste, comme pour le Septième Sceau, ancré dans l'imaginaire du spectateur.

C'est également un film à voir impérativement pour mieux comprendre nombres d'échos dans les films, les séries, le théâtre, l'opéra etc. et notamment le film Goltius et la compagnie du Pélican (réservé aux adultes) : on retrouve la même situation, avec en substance une troupe de théâtre prise en otage par le pouvoir, fasciné par le spectacle et le fait de tenir des gens dont la profession impliquent qu'ils se montrent fascinants.

J'ai aussi pensé à à plusieurs nouvelles de Maupassant.

... Et cela alors que l'actualité continue d'étayer en direct et en continue la réalité du monde du divertissement et des arts au-delà des illusions, des prétentions et du réel talent à transporter et transcender.

Le visage / The Magician est un must absolu, moins apocalyptique que le Septième sceau, mais très, très impressionnant, tout en se faisant passer pour une sorte de comédie.

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