... mon Dieu (pardonnez-leur, ils savent très bien ce qu'ils font).
Tout le boulot était déjà fait avec la bande-dessinée : au lieu de cela, du remplissage et du dialogue d'exposition, de l'anachronique à tout va dans les dialogues, des personnages qui cherchent laborieusement le conflit interne si cher aux scénaristes qui ne savent pas écrire, la musique moderne dans un b.rdel 1900 et des effets sonores au synthé genre Carpenter du pauve en guise de thèmes musicaux (quelqu'un s'est cru intelligent ?), des acteurs et actrices de bois qui ne savent pas articuler comme d'hab, zéro maîtrise de l'époque et de sa mise en scène, du travelo-trans, etc.
"... ça ressemble pas à un hôpital ici" déclare le héros, dans ce qui ressemble strictement à une chambre d'hôpital à deux lits.
C'est une m.rde.
... probablement extrêmement fauché, ou alors le budget a été massivement détourné. Même pas les moyens d'ouvrir par les noces du héros avant son incorporation et ils croient que le spectateur s'investira autant qu'en faisant sortir par une actrice incapable d'articuler qu'il venait de se marier et attendait son premier enfant.
... les dialogues sont au-dessous de tout : outre le handicap d'articulation très modernes de tous les acteurs (le défaut ressemble à celui de ces gens qui ne savent pas lire à haute voix ou qui ne lisent jamais), personne n'a les façons diverses de parler de cette époque, personne n'utilise les tournures et phrasés et encore moins l'argot ou les patois et pourtant tout est en ligne gratuitement aujourd'hui dans la presse, les feuilletons, et même enregistré à dispo sur Gallica. J'ai aussi l'impression tenace que la production ne sait pas prononcer les noms propres cités (et les noms communs bien sûr). Zéro allusion à la religion dans la section que j'ai enduré.
... le truc est plus froid que la mort : j'ai un grand-père qui l'a faite cette guerre, le peu d'anecdotes que m'ont rapporté ses fils, plus les états de service de plusieurs membres de la famille n'ont rien à voir avec cette blaserie inculte et constipée. Plus en zappant d'épisode en épisode je constate que non seulement c'est du remplissage mais de la répétition de messages dépressifs pro-morts visant à faire se suicider le spectateur (ou sinon se soumettre et se droguer à donf) aka tout à fait le programme que Black Rock, Soros etc. imposent à la totalité des écrans occidentaux.
... tous les acteurs mais surtout les actrices sont des poseurs, je m'attendais à ce qu'ils se prennent en selfie à la fin de chaque réplique : absolument impossible de les prendre pour leur personnage. Dans la première scène du bar, la production prétend faire dans le salé-poivré avec un porte-jarretelle et un bout de seins (et des travellos. Hé, les tarifs imagés des b.rdels de l'époque sont en ligne à qui qu'en veut sur Internet, plus il y a toute la section de l'Enfer remplie d'oeuvres de poètes-romanciers fameux aux titres parfaitement explicites et au contenu tout autant. C'est une production simplement minable, mou de partout, des incapables.
... Énorme déception, plus jamais j'achète du Canal Plus aka plus probablement du Chat GPT.
*
Entendu en ouverture du bonus disque 2 consacré aux décors :
Ce qui m'intéresse énormément, c'est de créer des univers dans lesquels on peut se transposer.
On peut se transposer dans n'importe quel univers créé, par définition du mot
transposer.
De manière très révélatrice, les bonus se limitent au sujet des décors, des costumes et "les coulisses d'une création originale" ou "des origines" ou "de la bd à la série" (16 minutes).
Le bonus "des origines" aurait dû être le plus intéressant, mais ce sont d'abord des éléments de langage (on s'envoie des fleurs et on répète ce que chat GPT a dire) ou ils racontent la bande-dessinée -- pas les auteurs de la bande-dessinée, pas l'époque bien réelle des tranchées, pas le genre établi steampunk ou celui de super-héros cyborgs qui couvre les magazines de l'âge d'or, les savants fous, l'essort plus récent du cyberpunk des années 1960, cristallisé dans les années 1980 à cause du film Blade Runner qui impose un visuel sans oublier les autres films de l'âge d'or du cinéma des 1978-1987 (on va dire).
Le créateur de la série Guillaume Lemans dit qu'il a été formé par le jeu de rôles, mais cela ne se voit absolument ni dans son écriture, ni dans sa mise en scène. Je veux dire, rien qu'en essayant de jouer ses scènes autour d'une table, il aurait dû voir que cela ne fonctionnait absolument pas.
Joss Whedon (Buffy) est un scénariste (fils de fils de scénariste incidemment) formé par le jeu de rôles d'où ses équipes de personnages complémentaires qui affrontent des missions successives organisées en campagne tout en ayant toujours la cocasserie pour rire et un monstre derrière la porte qui garde le trésor, ou qui comme dans Traveller, ont pour foyer un vaisseau spatial et vont de planète en planète pour résoudre leurs problèmes, quand les problèmes ne viennent pas à eux: Il n'y a absolument rien de "rôlistes" dans la série Les Sentinelles 2025.
Les superlatifs sont débités : "il y a des séquences de baston et on envoie", et rien du tout à l'écran, les cascades ou les combats sont sans imagination, sans technique de combat. Même combat pour les Sciences.
Et c'est aussi une "série d'espionnage" figurez-vous. D'abord l'espionnage ça existait en 1900-1918.
"J'avais envie de faire du fantastique et dans la bande-dessinée il n'y a pas de fantastique."
Traduisez : "J'avais envie de faire ce que je voulais en prétendant adapter la bd."
Ahem, les cyborgs, c'est du fantastique. La Science-fiction, les super-héros, c'est du fantastique aka la fiction de sciences (surnaturelles, mystiques, anticipées, rétroactivées etc.
Pourquoi le documentaire sur les origines nous refourgue les costumes et les décors ?
Pourquoi ils n'ont pas retrouvé les interviews des auteurs de la bande-dessinée ?
Pourquoi ils n'ont jamais consulté des experts dans les sciences de la Première Guerre mondiale ?
(nous avons voulu faire en sorte qu'il y ait) "Une signature esthétique de la série"
Il n'y en a pas. Vérifiez par vous-même, ne serait-ce qu'à partir des bandes annonces ou des photos : ils semblent tous se prendre pour Peter Jackson ou pour Tardi, mais ce n'est pas le cas et j'en suis le premier désolé, surtout que je les ai payé de mon bel et bon argent pour tenir leurs promesses.
"Il y a un rapport au quoi qu'il en coûte"
Relisez le Grand Troupeau de Giono, relisez les vrais témoignages de cet époque. Ces gens ne font que baratiner la caméra, pas un ne prononce le mot de boucherie, d'abattoir, pas un n'évoque les mitrailleuses dans le dos et devant les soldats lancés, puis quand suffisamment survivent pour remporter la position, leurs propres aviations qui vient les bombarder, et ça c'est la réalité. Pas un n'évoque les maladies vénériennes que tous les gens de pouvoir sont perclus et condamnés par, en particulier les généraux qui envoient les jeunes puceaux se faire massacrer au front. Personne n'évoque les profiteurs de guerre, et pas davantage la montée des idéologies incitant les jeunes à faire tomber la gérontocratie et autres "grand capital" et les royautés à la Belge qui massacrent à tout va, en toute impunité au Congo Belge, mais la même élite massacrera les vétérans indigènes quand de retour au pays ils réclameront leurs pensions. Pas grave, on fera leur apologie au cinéma en passant sous silence l'énormité des abus des régimes "victorieux".
Oui, le rapport avec notre présent, nos politiques, nos médias existe, mais ce n'est pas en regardant cette série que vous allez en réaliser la portée : retournez à la réalité, aux archives non censurées, non trafiquées, consultez la mémoire de vos familles,
***