Lovecraft Country, la série télévisée de 2020

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Lovecraft Country, la série télévisée de 2020

Messagepar Greenheart » Lun 17 Aoû 2020 15:07

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Lovecraft Country (2020)
Traduction du titre : La contrée de Lovecraft.
Autre traduction : La contrée de l'Art de l'Amour.

Attention : indépendamment du parti pris horrifiques et que cela puisse être imputable au style de H.P Lovecraft censé être pastiché, ou aux prétendus emprunts à l'univers partagé de l'Appel de Cthulhu, l'épisode pilote de cette série utilise entre autres les techniques de manipulation suivantes : racisme (tous les personnages caucasiens protestants (dits "blancs") qui ont un rôle parlant -- et ce sans aucune exception -- débitent des lignes racistes, sans rapport avec l'intrigue fantastique, il n'y a aucun méchant afro-américain, les autres communautés américaines ethniques ou religieuses n'existent pas), facho (les "méchants" blancs sont systématiquement tués et non livrés à la justice), Mon rêve le plus fou
Spoiler : :
(parce que le héros afro-américain est "l'élu" par son droit de naissance, il est épargné par les monstres qui tuent tous les blancs - et le héros ne fait preuve d'aucune humanité au sujet de ces meurtres) et Tous des monstres (le policier blanc survivant se transforme en monstre après avoir été attaqué, ce qui justifie deux fois au yeux du héros de le massacrer) ; propagande d'actualité(une scène de 1950 montre un "méchant" policier blanc empêcher des jeunes de jouer avec une pompe à incendie sur fond de musique rap du 21ème siècle), révisionnisme (vérité fictionnelle contraire à la vérité historique, si tous les afro-américains des années 1950 avaient été traités comme montré dans l'épisode, il n'y aurait plus eu d'afro-américains aux USA en l'espace de quelques mois), provocation à la haine raciale dans un contexte de manipulation des votes des électeurs américains. Pour constater par vous-même qu'une série ou un film etc. est raciste, échangez les rôles des "noirs" et des "blancs" et racontez-vous les mêmes scènes.

C'est la seconde fois à ma connaissance que Jordan Peel produit ce genre de propagande, après son récent reboot de la Twilight Zone, et ces pratiques servant le "diviser pour régner" sur la population des spectateurs, semblent devenir systématiques dans les séries américaines ou de la BBC anglaise. Ne vous laissez pas entraîner dans un débat sur cette série au travail ou sur Internet, n'en parlez qu'avec des gens dont vous êtes sûrs, hors caméra et micro (donc loin des téléphones portables, tablettes à micro et autres enceintes "intelligentes". Gardez-votre calme et restez vague et distant dans tous les autres cas.

Enfin, les techniques de manipulation du pilote sont du degré 3 (conduisent à l'hôpital, à l'asile, ou la morgue) : en aucun cas ne regardez cette série sous influence alcoolique, "récréative" ou médicamenteuse ou si vous souffrez des conséquences d’événements graves dans votre vie, lointain ou restant, ou si vous manquez de sommeil, ou encore si votre santé physique ou mentale est affaiblie. Ne bingez pas cette série, ne permettez pas à un mineur de la regarder, en particulier si vous ou lui êtes exposés à la (petite ou grande) criminalité au racisme et autres "ismes" ou à du prosélytisme. Regardez des films et des séries humanistes mettant en scène des solutions qui fonctionnent dans la réalité, et qui ne consistent pas à tuer qui "le mérite" ou à exterminer telle partie de l'humanité que la production vous pointe du doigt.


Diffusé aux USA à partir du 16 août 2020 sur HBO US.

Une saison de 10 épisodes d'une heure environ (?).

De Misha Green, d'après le roman de 2016 de Matt Ruff du même titre ; avec Jurnee Smollett, Jonathan Majors, Aunjanue Ellis, Courtney B. Vance, Wunmi Mosaku, Abbey Lee, Jamie Chung, Jada Harris, Michael K. Williams.

(presse et roman, horreur) De retour de la guerre, le jeune Atticus Freeman (en français l'Homme libre) part à la recherche de son père disparu à travers l'Amérique des années 1950.

***


La bande annonce officielle HD : https://youtu.be/dvamPJp17Ds

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Re: Lovecraft Country, la série télévisée de 2020

Messagepar Greenheart » Lun 17 Aoû 2020 19:20

Adapter pour de vrai un auteur comme Lovecraft est particulièrement risqué du point de vue de la toxicité d'un récit, qu'il y ait approche propagandiste ou non, donc j'étais particulièrement sur mes gardes -- mais en fait je le suis toujours quand je regarde une série ou un film horrifique qui peut facilement tourner au voyeurisme et cacher par son ultraviolence des messages, commandements et conditionnements particulièrement dangereux pour le spectateur.

Jordan Peele a déjà commis un remake de la 4ème dimension clairement raciste (échangez les couleurs des protagonistes), donc j'étais averti, et si les USA des années 1950 pratiquaient la ségrégation (divisons pour régner), les héros luttant contres les monstres Lovecraftiens pratiquaient plutôt la posture inverse (l'union fait la force), histoire d'avoir plus que 0% de chances de survivre à l'aventure.

Eh bien, avec Lovecraft Country la série, Jordon Peele confirme qu'il joue dans l'équipe des pourris en confondant horreur de fiction et incitation à la haine (raciale) bien réelle et pour le coup, c'est horriblement décevant. Mais la déception sera certainement plus horrible encore pour qui se fera massacrer en conséquence, et découvrira un peu tard que le sang est bien de la même couleur pour tout le monde, et que tous les bébés sont blancs à la naissance (pas de soleil dans le ventre de la mère pour stimuler la production de mélatonine).

Alors que presque un tiers de l'épisode est déjà passé, je n'ai compté que de deux très vagues et très courtes allusions à une possible énigme Lovecraftienne, lors de courtes scènes dialoguées, tandis que dans le même intervalle, la production se traînait à nous raconter vingt-cinq minutes de la vie du quartier qui aurait pu se trouver dans n'importe quel "drama" à court de grosses ficelles.

Dans les cinq premières minutes - puis pendant 80% de l'épisode, les scénaristes focalisent toute l'attention du spectateurs sur ce qui n'a rien à voir avec le Fantastique et le Mystère -- qui sont pourtant des métaphores très efficaces pour plaider les causes humanistes, ou dénoncer les vices de l'humanité toutes couleurs confondues. La fine équipe de cette production pour préfère insister sur le racisme et le racisme et encore le racisme le plus... hum, "réaliste" possible. Vous reconnaîtrez possiblement la signature du producteur J.J. Abrams, celui qui a commis notamment la série Lost -avec à chaque épisode, 10% d'aventures pseudo SF pour 90% de flash-back soap copiés-collés dans toutes les séries précédentes.

L'héroïne de Lovecraft Country aurait rencontré le héros dans un "club de Science-fiction", mais ils n'ont aucune conversation sur les thèmes qui préoccupent les jeunes lecteurs de Science-fiction des années 1950. L'épisode de Star Trek Deep Space Nine où le capitaine se prend pour un auteur de Science-fiction des années 1950 avait au moins fait un minimum de recherche sur à quoi ressemblait une rédaction d'un magazine de Science-fiction, et vu qu'il existe des conventions mondiales de Science-fiction depuis les années 1930, un minimum de recherche et d'allusion aurait pu faire bon effet. Mais ces dialogues possiblement savoureux auraient sûrement empiété sur les 80% de scènes de racisme 1950 composant l'épisode. ET surtout, le spectateur aurait pu avoir plaisir à suivre l'aventure que la production lui avait promise, au lieu de ce vrac de propagande au scénario dirigiste creux.

Spoiler : :
A 35 minutes du pilote, nous avons droit à la scène du "les noirs ne peuvent pas dîner ici". Sauf que nous avons déjà eu droit à cette séquence dans la saison 2 de Umbrella Academy. Ce qui va nous permettre de jouer au jeu des comparaisons. Comparez, et surtout comparez ce que vous ressentez quand vous vous identifiez aux personnages afro-américains mis en scènes : en regardant Lovecraft country la série, tout comme dans Watchmen la série de 2019 sur la même chaîne HBO, vous ressentirez de la haine monter en vous. Et vous saurez alors avec certitude que ces deux séries télévisées HBO, Lovecraft country et Watchmen sont toxiques.

Rejouez-vous ces scènes en échangeant les couleurs de peau noires contre des blanches et imaginez-vous tenter d'abattre un policier afro-américain qui vous poursuit parce que vous vous êtes assis dans un restaurant afro-américain. Puis repassez vous quelques épisodes de True Blood la première saison et demandez-vous pourquoi, malgré les scènes où les héros et héroïnes essuient (ou commettent) des piques racistes, vous n'avez pas envie de tuer quelqu'un après les scènes en question.

Et à la quarantième minute de l'épisode, l'intrigue et l'action fantastique n'ont toujours pas avancé. J'en déduis que Lovecraft country tout comme Watchmen la série sont seulement de la provocation à la haine raciale, qui vise en réalité à faire commettre au spectateur afro-américain les gestes qui justifieront le pire des massacres en retour, et ce n'est pas la première fois que le KKK joue de ses relations pour arriver à ce genre de résultat si j'en crois le déroulé de ce qui s'est vraiment passé à Tulsa en 1921 : le KKK a fait croire qu'ils allaient lyncher un jeune afro-américain pour que la communauté afro-américaine tire les premiers, ce qui leur a permis de justicier le massacre de la dite communauté en retour - étonnamment, HBO ne montre rien de cela dans Watchmen, juste des afro-américains en train de se faire massacrer : il est vrai que le spectateur aurait pu alors comprendre le genre de pièges que tendent ses séries à leurs téléspectateurs.

Bien sûr, la production a peut-être (je veux dire certainement) choisi de faire du héros le monstre qui anéantit l'humanité en fin de compte. Après tout, le héros rêve du Grand Cthulhu et fait parti des "élus" qui échappent aux monstres qui massacrent tous les blancs autour d 'eux. Et nous savons tous ce que les peuples "élus" ont déjà fait à travers l'histoire à tous les autres .

Maintenant, il faut souligner que la série n'adapte pas réellement un texte de H.P. Lovecraft où un pastiche d'époque des auteurs avec lesquels lui-même ou ses ayant-droits partagèrent à l'époque son univers. Lovecraft Country selon HBO adapte un roman de 2016 de Matt Ruff --- qui n'est pas afro-américain au cas où vous vous poseriez la question. Par ailleurs, les afro-américains de la série sont en carton-pâte et ne servent qu'à faire avancer le scénario - littéralement - du point A au point B, ce qui m'oblige à poser la question : si HBO se préoccupe à ce point de racialiser la création, pourquoi n'adapte-t-elle pas des (bons) romanciers afro-américains ? dès qui ne réduisent pas leurs personnages afro-américains ou autres à des clichés ?

Je n'ai pas lu le roman de Ruff, mais le premier épisode de la série télévisée fait en gros toutes les erreurs de débutant de quelqu'un qui voudrait écrire comme Lovecraft. Même si l'univers a été étendu à toutes les époques par les jeux de rôles et les auteurs avides de "rendre hommage" à un auteur qui fait toujours vendre, l'histoire aurait dû se dérouler dans les années 1920-1930, mais nous sommes dans les années 1950 -- des années 1950 où l'on joue du rap du 21ème siècle à tue-tête dans une rue d'époque -- où bien sûr un seul méchant flic blanc essaie d'empêcher des jeunes noirs de s'amuser dans l'eau d'une bouche à incendie qu'ils ont ouverts... Hâte de voir la scène suivante où tout le quartier brûle parce qu'il n'y a plus de pression pour éteindre le feu – et si cela arrivait dans la série, sûr que ce serait de la faute de la couleur de peau des pompiers et aussi à cause du réchauffement climatique.

Une autre erreur de débutant est bien sûr de prétendre que Lovecraft existe dans ce monde et de montrer des couvertures de ses livres au lieu de montrer l'enquête : ce gag, tous les pasticheurs l'ont fait encore et encore (la série Supernatural par exemple), et à chaque fois le spectateur est éjecté du récit parce que « ah, ah, ah, Lovecraft existe dans le monde des fictions qu’il a écrite ! ». Horreurs indicibles, qu'ils disaient... Comparer avec la démarche deux premiers films d'Hellboy qui sont d'un bout à l'autre de véritables réussites question pastiche Lovecraftien.

Dans la saison 2 de Umbrella Academy, il ne faut qu'une minute chrono à l'héroïne pour faire comprendre à son mari pourquoi elle n'utilise pas ses pouvoirs pour servir leur cause, à savoir faire tomber la ségrégation raciale dans l'Amérique d'alors : elle n'est pas un monstre, la vie humaine compte encore à ses yeux. Pour combien de temps resterons-nous encore humains à regarder des séries HBO et autres Walking Dead ? Et combien de temps avant que le jeu de l'Empaffé auquel joue HBO et autres World Company provoque un massacre à grande échelle façon Tulsa 1921 ?
...d'un G qui veut dire Greenheart !
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