The Outer Limits S02E01: Le soldat (1964)

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The Outer Limits S02E01: Le soldat (1964)

Messagepar Greenheart » Mer 8 Juil 2026 16:33

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The Outer Limits S02E01: The Soldier (1964)
Traduction du titre : Le soldat.
Titre français : Le soldat.

Cet épisode a été plagié deux fois avec dans les deux cas réparation faites au scénariste Harlan Ellison :
* par Bill Mantlo dans The Incredible Hulk #286 1983 pour Marvel Comics.
* par James Cameron avec le film The Terminator 1984.


Diffusé aux USA le 19 septembre 1964.
Saison 1 sortie en blu-ray américain le 23 mars 2018.
Saison 1 et 2 sortie en blu-ray américain le 23 août 2022.

De Gerd Oswald, sur un scénario de Harlan Ellison, d'après sa nouvelle Soldier from Tomorrow parue dans Fantastic Universe d'octobre 1957 ; avec Lloyd Nolan, Michael Ansara, Tim O'Connor, Catherine McLeod, Jill Hill, Allen Jaffe, Ralph Hart.

Pour adultes et adolescents

Un paysage dantesque de rochers déchiquetés et d'une plaine nappée de brume en contrebas, jalonnée d'arbres pétrifiés. Au loin, une nappe de brume à perte de vue sous un ciel bas menaçant, une tour hérissée d'antennes qui semble avoir appartenir à une espèce de cargo coupé en deux, dont l'arrière et son mât se dresse encore juste derrière, et d'autres arêtes rocheuses acérées esquissant comme les rebords d'un cratère.

Dans un bruit de sirène accompagnée grésillement fort, un premier rayon éblouissant, immédiatement suivi d'un second, viennent frapper la plaine embrumée depuis le ciel, formant des angles aigus. La nuit vient trop tôt sur le champ de bataille. Pour certains hommes, elle s'abat pour toujours : leurs yeux ne s'ouvrent plus jamais à la lumière du jour.

Un soldat casqué, en armure et armé d'un fusil à rayons guette, embusqué dans une anfractuosité donnant sur la plaine embrumée. Mais pour cet homme, combattant dans cette guerre, les ténèbres ne sont jamais complets : la toile d'araignée des rayons de lumière dans le ciel descendent des rayons lasers du vingtième siècle : des rayons brûlants qui percent comme au chalumeau l'acier blindé au tungstène et la chair, comme s'il ne s'agissait que de tranches de fromage.

Le soldat relève sa visière, révélant une mâchoire de brute. Et ce soldat doit courir au-devant de tels armes. Son nom est Qarlo, et c'est un fantassin. Le soldat, Qarlo, sort une petite boîte noire d'où il extrait une cigarette. Il referme la boîte, frotte le bout de la cigarette contre la boîte, et le bout de la cigarette s'embrase. Le fantassin ultime : entraîné depuis sa naissance par l'Etat, il n'a jamais connu l'amour, ou l'amitié, ou la chaleur humaine. Il n'est outillé que dans un seul objectif : tuer l'Ennemi.. Qarlo tire plusieurs bouffées de sa cigarette avec bonheur. Et l'Ennemi l'attend.

Ailleurs, embusqué cette fois sous ce qui ressemble à une guérite très basse au milieu des ruines d'une bâtisse, un autre soldat, également casqué et équipé du même genre de fusil à rayons, du même genre de batterie circulaire dans le dos, du même genre de casque à écouteurs et une seule antenne au sommet du crâne, mais vêtu d'une veste de cuir. L'autre soldat relève sa propre visière, révélant quasiment la même face de brute au visage buriné et aux yeux enfoncés dans leurs orbites. Ce soldat là sort une espèce de petit tube de plastique dont il tète le contenu, le regard clair mais vide.

Qarlo tire encore une bouffée de sa cigarette quand une voix d'homme grinçante retentit dans les écouteurs de son casque, impérieuse : "Trouve ton ennemi !" Qarlo sursaute et pose la main droite sur son écouteur droit. La voix ajoute : "Attaque !" puis "Tue !" puis "Attaque !" Qarlo jette vivement sa cigarette à terre. "Tue !" puis "Attaque ! Tue !" Qarlo rabat calmement sa visière, regarde vers la plaine embrumée, puis se relève, brandissant son fusil à rayons, et sort de sa planque.

L'autre soldat sursaute : à son poignet, une sorte de montre à cadran se met à biper, et sa diode qui clignote. Un petit cadran carré affiche "4K" et en-dessous un cadran rond montre une flèche noire qui pointe à cinq heures un R noir inscrit dans un cercle. Et dans son casque, les écouteurs répètent, lentement : "Tue ! Tue ! Tue !" Cet autre soldat rabaisse à son tour sa visière et se relève, abandonnant sa planque, et lui aussi avance vers la plaine embrumée.

Les deux soldats courent à petites foulées l'un dans la direction de l'autre, au milieu des arbres pétrifiés, dans le brouillard mouvant, canon pointé l'un vers l'autre. Mais quand ils se retrouvent à bout portant, s'apercevant enfin, deux rayons éblouissant tombent pour frapper chacun un soldat, les deux rayons se croisant. La réalité se lézarde alors, comme fissurée par une décharge électrique très ramifiée, et les deux soldats disparaissent. Et juste après, la foudre frappe encore plus violemment l'endroit où ils se trouvaient tous les deux tandis qu'un tonnerre assourdissant résonne.

Et les deux soldats ébahis de chuter à travers l'obscure spirale du Temps.

Qarlo, le soldat à la cuirasse, se retrouve soudain d'aplomb, fusil à rayons au poing, dans la ruelle d'une grande ville des années 1960, devant un mur et sa rangée de poubelles, avec une barrière peinte en blanc rayée de trois bandes rouges, supposée en interdire l'accès. Bouche bée, Qarlo regarde autour de lui : après la barrière, une rue ordinaire avec son barbier et son delicatessen, une voiture garée en face, des femmes en robes légères et des hommes élégants en costumes cravates, chapeau mou, ou canotier, ou tête nue.

La ruelle donne immédiatement sur un petit kiosque à la droite du soldat, et une autre barrière à gauche, que Qarlo ne peut pas voir, indique "Danger : construction, risque de projection de gravats."

Qarlo rebrousse chemin dans la ruelle jusqu'à un petit porche dans lequel il s'embusque, et les gens continuent de passer dans la rue principale, comme si de rien n'était. Le petit vieux qui s'occupe du kiosque ramasse un paquet de journaux encore attaché avec sa ficelle, et machinalement affûte son petit couteau sur le rebord de son présentoir. Réalisant que le petit vieux est armé, Qarlo revient à la charge, silencieux. Le petit vieux vérifie alors si la tranche de son petit couteau est mieux affûtée, passant son pouce de chaque côté de la lame.

Alors Qarlo heurte la barrière : le petit vieux ouvre de grands yeux en apercevant le soldat, ouvre la bouche, pousse un grand cri presque inhumain, se raccrochant à son présentoir comme pour se cacher derrière, mais tout ce qu'il arrive à faire, c'est tomber à genoux, puis à la renverse. Alors une femme blonde qui passait à côté se fige et pousse un hurlement encore plus perçant, et vocifère : "Il l'a tué ! Il l'a tué !"

Qarlo semble alors paniqué, ne sachant plus dans quelle direction il doit ouvrir le feu, tandis que d'autres femmes dans la rue se mettent à hurler, et tout le monde se met à courir dans toutes les directions. Qarlo bat alors en retraite dans la ruelle, tandis que retentit une première sirène de police.

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Re: The Outer Limits S02E01: Le soldat (1964)

Messagepar Greenheart » Mer 8 Juil 2026 16:54

L'épisode captive toujours malgré le fait qu'il ait été plagié :

* la production a réellement fait l'effort de matérialiser à l'écran les éléments de Science-fiction.
* l'épisode est bourré d'idées, et une fois passé l'idée fantastique, les témoins du présent résonnent scientifiquement et le soldat du futur a sa propre langue, sa propre culture, et réagit en conséquence.
* la fin est imprévisible malgré la certitude que les deux soldats partis pour s'entretuer pourraient s'entretuer. Le problème est combien de gens ils tueront autour avant.
* L'irruption dans le salon de votre famille typique des années 1950-1960 a dû faire complètement flipper les spectateurs.
* Les scènes de violence sont encore une fois réalistes, plus réalistes que dans les années qui suivront.
* Photographe magnifique, les acteurs sont convaincants, en particulier Michael Ansara qui joue Qarlo, plus que convaincant.

Les éléments plagiés dans Terminator sont concordants, à la fois pour le futur de départ et l'intrigue principale. James Cameron n'a pas eu un mot pour The Outer Limits dans sa prétendue série consacrée à la science-fiction, où il zappait d'ailleurs tous les romans, toutes les nouvelles, qui pourtant ont été adaptées dans quantités de succès au cinéma depuis les années 1950, et toutes les couvertures et bandes-dessinées plagiées sans trêve par la suite. Quand il a dû créditer Ellison après un procès, il a encore sous-entendu publiquement qu'il n'aurait pas dû à le faire.

C'est le même combat que pour son Titanic qui reprend scène après scène tout ce qui a été raconté dans un film Titanic différent : la romance, la scène de danse etc. Oui, il a joute d'autres éléments, les magnifie avec les moyens des années 1980 puis 2000 mais il s'agit bien d'un remake.

Si Cameron n'avait pas affiché son mépris de la Science-fiction littéraire et précédant ses propres films (et ceux de ses copains Lucas, Spielberg etc. qui ont la même attitude que lui), j'aurai pu croire qu'il s'agissait seulement de coïncidence, ou du fait que tout le monde peut avoir raconté grosso-modo la même histoire que vous, avant-vous.

Par ailleurs, toutes les séries d'anthologie ou relevant d'un domaine de la littérature en particulier (Western, Space Opera, policier etc.) peuvent se retrouver confrontée à de la redite et de l'auto-plagiat au bout d'un certain nombre d'épisode, normalement une bonne centaine, plus tôt que cela si les scénarios ne sont pas cultivé ni très courageux ou s'ils sont trop pressés par le temps.

Mais plus j'explore tout ce qui a été raconté avant, en particulier un peu avant l'époque de la production de ces films ou de ces épisodes, ou de ces bandes-dessinées ou nouvelles ou romans, je découvre les sources d'inspiration, et souvent de plagiat par transposition : on change les noms, on change les décors, mais les intrigues et les scènes d'action ou les traits les plus intéressants des personnages sont les mêmes.

Et dans le cas d'Harlan Ellison il prouve à tous les coups son talent, à l'écrit tout seul comme dans différentes productions (Au-delà du réel, Star Trek). Or James Cameron, comme Spielberg, comme Lucas, comme Stan Lee, les plus prompts à s'approprier la gloire des autres, sont les plus inégaux sur la durée, ce qui jette un doute sur à quel point leur talent n'a pas des limites, qu'ils s'efforcent de camoufler en utilisant leur renommée et leur personnel subalterne et autres créatifs de tous les départements de la production, qui ne seront jamais crédités par exemple pour leurs visuels, autrement que par des mentions dans un générique qui en contient des milliers qui défilent très vite.

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