Les sites de critiques qui trompent leurs lecteurs

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Messagepar Greenheart » Mar 16 Jan 2018 15:11

Après les excellents épisodes Kill The Others et Safe and Sound, j'ai réalisé que s'il était possible aux méchants de la réalité de débusquer les gens de bonne volonté à force de provocations, il était également possible de débusquer les agents de propagande parmi nos critiques de séries et films de Science-fiction en lisant attentivement leurs arguments contre les films et séries les plus pertinentes du moment.

En voilà donc la liste, citations à l'appui.

***

Les inkorruptibles

Il se trouve en France que les médias d'apparence les plus rebelles sont en fait les plus noyautés par les agents de propagande.

Les inkorruptibles a écrit:Hélas, malgré l’indéniable qualité du matériau d’origine et l’application sincère de ses artisans, Electric Dreams souffre de son format trop étriqué, les 50 minutes règlementaires des épisodes ne permettant que rarement de dépasser leur pitch de départ. La mise en scène, extrêmement léchée, matérialise des visions envoutantes de papier glacée, et offre un panorama de SF appliqué mais convenu, qui échoue à provoquer le trouble. On est loin de l’ambiance poisseuse et néo film noir du Blade Runner originel, ou du malaise distillé par le Minority Report de Spielberg. Les technologies convoquées (voyage spatial, échange des consciences ou guerres extraterrestres) sont quant à elle trop lointaines pour créer, comme le fait Black Mirror, un écho inquiétant avec notre époque.

Si elle se savoure néanmoins avec plaisir, le principal défaut d’Electric Dreams est sa transposition trop scolaire de l’imaginaire Dickien, marquée par une incapacité à en réactualiser les motifs. En résultent des rêveries illustratives mais inoffensives, qui manquent cruellement d’électricité.


La première chose qui frappe, c'est que le chroniqueur n'a pas vu la série qu'il commente : l'ambiance poisseuse néo-noir y est, et le malaise à la Minority Report y sont - graphiquement, thématiquement et dans les dialogues : impossible de faire mieux, d'ailleurs Blade Runner 2049 a complètement raté son numéro, et un certain nombre d'adaptation ratées de Philip K. Dick ont aussi raté ce qu'Electric Dreams a réussi à chaque épisode, sans que cette réussite ne signifie que les nouvelles de Philip K. Dick ou leurs adaptations atteignent forcément la perfection.

L'auteur de la chronique française caviarde une chronique anglosaxonne qui contenait exactement les mêmes arguments - la référence à Black Mirror est quasiment du verbatim, et ignore totalement les épisodes Kill the others et Safe and Sound où les technologies évoquées crées plus qu'un écho inquiétant avec notre époque : elles sont en prise directe avec ce qui arrive ici et maintenant, et dépassent de loin Black Mirror qui inquiète mais n'enseigne ni ne résoud rien, et prêche la résignation et le refuge dans le virtuel, quand Black Mirror ne prêche pas carrément le lynchage.

***

http://www.vulture.com/2018/01/electric ... sound.html

En Anglais, Vulture décroche le pompom : son chroniqueur sous pseudo nous rejoue le grand air du flocon de neige indigné par l'épisode. L'auteur(e) tout au service des américains qui tentent de museler les gens qui dénoncent les crimes de guerre et crimes contre l'humanité les plus odieux du moment, tente de nous faire croire que montrer une adolescente manipulée via Internet ne peut en aucun cas être utilisée pour commettre un attentat (monté de toute pièce ou "authentique") et que la terreur qui règne en ce moment n'est pas extrêmement profitable aux vendeurs d'armes, armées privées et autres agences violant et recélant la vie privée, siphonnant les carnets d'adresse des entreprises au passage pour les revendre au plus offrant. Pour publier des articles pareils, Vulture ne peut être qu'une grosse plate-forme de propagande qui à l'époque de Blair aurait sûrement hurlé aux armes de destructions massives en Irak, et une heure après l'attentat du 11 septembre, nous aurait ressorti exactement le même communiqué de presse que tout le monde, et pour dix années durant, sans aucune enquête ni vérification.

Vulture a écrit:Hoo boy. Where to even start with one of the most sneakily offensive episodes of television I’ve ever seen?[

...It indulges the blatant hero-fantasy of white people getting to be the ones who are oppressed by larger forces.

But allow me to revert to all-caps to emphasize the following point: TO INSINUATE THAT’S WHAT IT’S LIKE TO BE A MINORITY IS THE MOST INSULTING IDEA POSSIBLE.



Ouvertement raciste (l'héroïne est blanche, donc l'épisode est à propos de l'oppression des blancs, qui bien sûr sont paranos et cherchent seulement à cacher l'oppression des, euh, noirs ? Sauf que dans l'épisode, l'oppresseur est blanc. hâte de voir le même ou la même chroniqueur/ se chroniquer un drama coréen : "ils sont tous jaunes, les jaunes sont obsédés par essayer de prouver au monde qu'ils sont les seuls à souffrir ?". Et le même / la même à propos de Dumbo ou de Bambi ? ("Les éléphants / les cervidés croient être seuls victimes au monde ? Oser insinuer que c'est ça être orphelin est l'idée la plus insultante possible !!!".

Car pour l'auteur/e de la critique, aucune production de télévision n'est autorisée à raconter une histoire où une lycéenne blanche aurait à souffrir de l'oppression (ou du racisme - en plus elle est rousse, je ne peux donc que supposer que l'auteur/e de la chronique est non seulement raciste anti-blanc, mais également anti-roux, et possiblement contre les femmes, puisque les deux héroïnes persécutées sont des femmes.

L'auteur élabore ensuite son délire en parlant au nom de la production, car étant possiblement télépathe, le chroniqueur / la chroniqueuse connaîtrait mieux que quiconque non seulement les intentions de la production, mais également la manière dont nous autres, misérables spectateurs débiles, devrions forcément interpréter ce que nous avons vu de l'épisode.

Vulture a écrit:In these kinds of stories, the reason often sounds like this: “If we put a white face on the oppressed people, then white audiences will empathize more and see what they’re doing is racist!” Which is not only faulty logic — the white audience instead gets to feel great because it justifies their suspicion that they are the ones who are actually oppressed — but also backs up the assumption that people cannot feel that same level of empathy when they look at a brown face, which is what racism literally is. And so, a story like “Safe and Sound” is full of cultural erasure on every level: Not only do you not get to exist in this future, but also your experience is going to be supplanted for our own.


Et l'auteur/e de l'article de conclure, sans même avoir imaginé que l'épisode puisse être l'adaptation d'une nouvelle (de Philip K. Dick, si, si, c'est même dans le titre de la série)

Vulture a écrit:Science fiction is supposed to bring us closer to truth, closer to life, and closer to ourselves. And I’ve never seen a piece of sci-fi get so lost from the truths that matter, quite like this one.


Je traduis, parce que ça vaut quand même son pesant de cacahouettes :

La Science-fiction est supposée nous rapprocher de la Vérité, de la Vie et de Nous-Même. Et je n'ai jamais vu un récit de Science-fiction qui aura à ce point perdu de vue les Vérités qui comptent.

La Science-fiction, nous rapprocher de la Vérité ?

Par définition, la science-fiction n'a pas vocation à dire ou même rapprocher de la Vérité : ce n'est pas une Religion !!!
La Science-fiction a pour premier but de nous faire évader de la réalité, de nous en éloigner complètement, afin d'avoir un autre point de vue, de se sortir la tête de la propagande et des erreurs et des bêlements à l'unisson du troupeau des moutons de Panurge, afin de mettre en évidence, d'autres logiques, tout seuls comme des grands, ou en posant des questions à d'autres.

Ce que Vulture ne tolère pas, et essaie d'empêcher, c'est bien que le spectateur prenne ce recul que permet en l'espèce l'excellent épisode Safe and Sound, et réalise alors ce que Vulture et ses congénères font au monde.

***

La saison 1 de The Orville a été également un excellent révélateur de qui, parmi les chroniqueurs anglais ou américains, se fichaient de notre figure et faisaient exactement le travail contraire de nous guider vers les récits les plus intéressants du moment, dans le sens, stimulant intellectuellement, posant question et nous permettant de débattre entre amis, ou d'explorer plus en avant tel thème, qu'il s'agisse de fiction ou de la réalité. L'épisode 7, Majority Rules a par exemple fait sortir les loups du bois, même si dès l'épisode 3 (dit du changement de sexe) avait déjà fait très fort, et beaucoup d'épisodes qui suivront vont de la même manière prendre par surprise les flocons de neige indignés et autres agents de propagande.

Je n'en attendais par exemple pas moins de Den of Geek, le site censé être branché SF mais qui semble imaginer que les Geeks devraient impérativement suivre le premier drame ou polar ultraviolent dont il faut matraquer le chaland à cette époque de l'année.

Den of Geek a écrit:Okay, now you’re trying too hard, The Orville. Maybe for those who haven’t seen the Black Mirror episode, “Nosedive,” “Majority Rule” was an innovative satirical look at our social media obsessed culture, but even those seeing this idea for the first time might wonder if the nearly identical planet to Earth was a bit too on the nose... So while this wasn’t a favorite episode of The Orville, it did have its bright points, and to be honest, having an uneven episode in a non-serialized show is to be expected. Social commentary is a tricky theme to tackle with subtlety, but this show has done it successfully in the past; therefore, there’s no excuse for not doing it right once we know what the series is capable of. Chalk this one up to overthinking things and move on. There’s always next week.


OK, vous en faites trop, The Orville... il fallait s'attendre à avoir un épisode moins bon de temps en temps... il n'est pas facile de critiquer (notre) société... barrez celui-là à la craie pour avoir trop réfléchi et passez à autre chose, car il y a toujours la semaine prochaine.

Le chroniqueur oublie que Black Mirror: Nosedive est postérieur à un épisode de Community sur le même thème, signé par l'un des artisans de The Orville. Il oublie aussi de souligner que l'épisode Majority Rules va plus loin, est beaucoup plus proche de la réalité et de l'actualité (c'est la terre de notre présent, pas du futur qui est visité par l'équipage de The Orville), et offre des solutions à la dictature de la majorité, tout en lui donnant un nom ("a mob", une troupe de lyncheurs en constante recherche de victimes, peu importe leur innocence ou la gravité des crimes reprochés). L'épisode aussi une illustration on ne peut plus claire qu'avoir la majorité n'est pas la même chose qu'être objectif, juste, scientifique ou même humain etc. etc.

Den of Geek a en fait une stratégie bien à lui (?), qui consiste à porter aux nues la plus médiocre et méprisante production BBC ou de n'importe quelle grosse multinationale qui paiera le cocktail et offrira l'accès privilégié aux interviews et aux premières, et à côté, à prétendre que la nouveauté qui elle est brillante et culte au moment où elle sort, est médiocre, voire méprisable. Le ton est paternaliste, car "papa Den of Geek" le sait mieux que vous.

Puis, une fois que l'actualité est passée, que les chiffres de vente et les clics prouvent que Den of Geek s'est complètement planté, voire essayait de descendre en flamme les séries et films qui faisaient concurrences à leurs parrains, Den of Geek va sortir un article après-coup chantant les louanges de ceux qu'ils ont fait passer pour médiocre - par exemple pour la sortie du coffret blu-ray reçu en service de presse que l'on pourra ramener à la maison ou revendre sur e-bay.

Et comme la course aux clics ne s'arrête jamais, Den of Geek sortira dans la foulée un article sur le même ton à propos d'une daube infâme des années 70 ou 80 ou 90 ou 2000, avec un titre conçu pour faire cliquer.

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Re: Les sites de critiques qui trompent leurs lecteurs

Messagepar Greenheart » Dim 21 Jan 2018 12:27

Slate, dans son immense générosité, se propose de nous dire quel film Netflix nous devons regarder - et quel film nous n'avons pas à regarder.
Notez bien que dans la liste, Slate ne fait pas la différence entre un documentaire et une œuvre de fiction - mais rassurez-vous de suite, Slate ne s'intéresse comme par hasard qu'à certains documentaires et pas aux autres, qui ne sont même pas cités.

https://www.slate.fr/story/146970/jai-r ... -netflix#1

Dans cette dernière catégorie tombe, comme par hasard, Pandora.

Lisons donc de plus près, ce que Slate a à reprocher cet excellent film.

Slate a écrit:Ce film catastrophe sud-coréen commence comme une virulente charge politique contre le nucléaire dans un climat post-Fukushima. Il s'embourbe malheureusement peu à peu dans un héroïsme sacrificiel grandiloquent. Tellement dommage.


Slate "oublie" de dire que Pandora est le récit de Fukushima. Et l'héroïsme sacrificiel grandiloquent qu'apparemment Slate n'apprécie pas du tout est celui bien réel de tous les sauveteurs japonais qui sont morts depuis (les employés de Areva présents pour faire fonctionner Fukushima au mox se sont eux tous barrés dans le jour qui a suivi la catastrophe).

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Re: Les sites de critiques qui trompent leurs lecteurs

Messagepar Greenheart » Mer 6 Nov 2019 19:24

Ajoutez à la liste RT -- mais en fait, tous les titres de presse français avec) pour toute critique portant sur un film, une série, une bande dessinée ou un roman (ou n'importe quelle oeuvre de fiction ou interprétation d'une oeuvre musicale). Les titres de presse français sont vendus aux grands groupes et accrocs au copinage, et a priori après plusieurs articles de RT sur des films ou des séries de SF, RT déforme et détourne systématiquement les titres de fiction pour servir une vision propagandaire disjointe de la réalité des oeuvres de fiction en question.

Spoiler : :
En revanche, rien n'empêche d'utiliser les articles de RT sur des oeuvres de fiction ou d'actualité (ou de science etc.) si vous filtrez les textes pour retrouver les faits, et les références aux sources. Par exemple si RT cite l'auteur et le titre d'un livre ou d'un film, vous vérifiez qu'il existe et qu'il raconte vraiment ce que ce site dit que le film ou le livre raconte etc. Si RT cite une vidéo vous vérifiez la video et les vidéos qui montrent sous d'autres angles ce qui se passe, et ce que les témoins ont à dire à chaud et sans filtre ni montage. Si vous avez vous-même vu ce qui est arrivé, lu le bouquin, vu le film ne doutez pas de votre interprétation de la réalité : personne n'a à vous dire ce que vous devez penser, n'en déplaise aux éditorialistes complètement incohérents de BFTV ou aux speakrines et speakrins de France Télévision qui semblent nous prendre pour des c.ns à longueur de petites voix et de grands sourires fardés.


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Re: Les sites de critiques qui trompent leurs lecteurs

Messagepar Greenheart » Ven 22 Nov 2019 13:56

The Huffington Post :

... un publi-reportage vendu à Disney, qui atteint un sommet en matière de désinformation avec ce passage :

Huffington a écrit:Au contraire de la nouvelle trilogie en cours, des différents films spin-off et des nombreux programmes en animation lancés par Disney depuis 2012, on est loin du racolage éhonté qui visait les fans historiques de l’univers. Pas de grosse référence forcée, ni de raccrochage tiré par les cheveux à la trilogie des années 1970, mais des clins d’œil plus fins et une atmosphère savamment travaillée.


Selon de nombreux témoignages positifs comme négatifs en anglais, il n'y a quasiment pas de scénario ou d'intrigue mais des éléments visuels copiés collés des anciens films à chaque plan.

En guise d'atmosphère, tous les témoignages positifs comme négatifs confirment qu'il s'agit surtout de longs plans "atmosphériques" c'est-à-dire soit en image de synthèse soit sur des paysages, à la Arte, qui permettent d'abord de gagner du temps pour ne rien raconter pendant 40 minutes à part un Boba Fett de Cosplay masqué qui se traîne le plus souvent sans dire un mot, tandis que de pauv' figurants et quelques seconds couteaux débitent leurs lignes de dialogues d'exposition.

https://www.huffingtonpost.fr/entry/the ... n=trending

Et l'auteur "journaliste" de s'enfoncer davantage avec :

Si l’on verra forcément du Boba Fett et du Han Solo dans ce nouveau héros, ne serait-ce que dans les deux premiers épisodes, le Mandalorien se retrouve en difficulté, et doit trouver des parades à des situations bien plus triviales que la résistance contre un empire totalitaire ou la survie d’un ordre Jedi millénaire. Il est malmené par un monstre dans la boue, jeté à terre par une grosse bête sauvage, dépouillé par de drôles de personnages ou pris en embuscade par des aliens peu ragoûtants.


Du Boba Fett parce que le héros porte un masque de Boba Fett ?
Du Han Solo ? Est-ce que l'auteur sait au moins qui est Han Solo, et je ne parle pas de la personne de petite taille qui imitait vocalement Harrison Ford dans le film Solo, ceci n'est pas une histoire de la Guerre des étoiles cf. le titre chinois ?

Si vous avez vu la trilogie originale, vous ne pouvez pas réaliser qu'être malmené par un monstre dans la boue, être jeté à terre par une grosse bête sauvage, dépouillé par de drôles de personnages ou pris en embuscade par des aliens peu ragoûtants sont des scènes des premiers films, déjà répétées plusieurs fois dans la première trilogie... et donc que l'auteur de l'article tente de faire passer pour une nouveauté ce qui n'est qu'un copier-collage de tropes et de l'auto-plagiat des premiers films.

Comme le rappelait Martin Scorsese et autres détracteurs de Marvel = Disney, faire du cinéma (ou faire de la télévision), ce n'est pas vendre encore et encore le même film ou le même épisode, tout en clamant haut et fort que c'est nouveau, 100% original et meilleur que tout ce qui a été lu ou vu avant parce que tout ce qui a été lu et vu avant a été écrit par des vieux. Les vieux, eux n'étaient pas (tous***) des escrocs-plagieurs finis qui prennent les spectateurs pour des cons (sommateurs) qui le deviennent chaque jour un peu plus à cause de leurs productions toxiques.

Spoiler : :
*** voir le documentaire sur les producteurs de la Cannon (les frères Golan) si vous en avez l'occasion : l'esprit d'entreprise appliquée au cinéma (ou à n'importe quel art) dans toute sa splendeur. Et si vous aimez la SF et la Fantasy, pleurez sur ce que cette boite de production a livré dans ces genres --- mais ne vous infligez pas une telle torture, vous risquez à terme l'AVC, les comportements à risques auto-punitifs voire homicide de masse : un cerveau, cela se protège et se chouchoute, parce que sinon, ça ne fonctionne plus.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cannon_Group

***


Enfin, de l'aveu même de la production, le héros est un décalque du personnage du cow-boy solitaire créé par Clint Eastwood pour une série de western spaghetti pastichant les grands westerns d'antan : l'auteur du publi-reportage n'a même pas lu le dossier de presse, visionné les conférences de presses ou simplement survolé les sites anglo-saxons qui évoquait ces détails, et pourtant le battage pro-Disney a été lourd depuis au moins un an.

Notez aussi comment l'auteur de l'article a censuré tous les points négatifs, tout ce qui pouvait enrayer la pulsion de consommer, à la Pavlov.

***

Le coup de grâce :

Sans avoir besoin de se livrer le moindre instant sur son passé ou ses émotions, sans avoir besoin d’une histoire alambiquée et martelée par le réalisateur, le chasseur de primes suscite l’empathie.


... si vous êtes psychopathe tueur en série de masse.

C'est très exactement le contraire de ce qu'affirment un grand nombre d'opinions sur internet, appuyé par un fait facile à vérifier par le simple visionnage soit des bandes annonces et extraits, soit de séquence où le héros porte un masque et parle à peine : personne ne suscite l'empathie quand il porte un masque et massacre des tas de gens à l'écran, et que l'on ne voit jamais son visage dans tout le film.

Disney a seulement pris la précaution de masquer ses victimes par un maquillage extraterrestre pour déshumaniser les victimes, et a choisi de faire passer ces victimes pour des criminels ou de recruter les victimes chez des criminels, ce qui est seulement une variante du "quand on veut tuer son chien, on l'accuse de la rage", une manipulation d'auteur que personnellement j'ai surnommée "facho", qui consiste à prétendre que le héros ou l'héroïne est génial parce qu'il ne trucide et torture que des méchants.

Mais il y a pire : faire d'un (véritable ou fictionnel) tueur en série, criminel de guerre, criminel contre l'humanité, voire génocideur planétaire un héros ou une héroïne, et par exemple le décorer de la légion d'honneur et le porter aux nues à la télévision et à l'école.

Or Bobba Fett et ses sosies sont bien des ordures, dès la première trilogie, ce que bien sûr l'auteur du publi-reportage se garde bien de relever.

Et bien sûr, à travers l'histoire, vous ne manquerez pas le nombre de fois où ces monstres se seront associés à des innocents ou des vedettes pour tromper le public : bercer des bébés, poser avec les champions de foot ou les pompiers qui viennent pour de vrai de sauver des vies.

Et qu'est-ce que la production va bien sûr montrer dans le Mandalorien ? Bobba Fett le clone du sosie qui pose avec un

Spoiler : :
Bébé Yoda


Parce que l'innocent en question lui peut susciter (temporairement) l'empathie du spectateur, mais attendez seulement que à la The Boys ce personnage lui aussi contribue aux prochains massacres que The Mandalorian utilise comme argument de vente, et puis imaginez-vous à la place de chaque victime.

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Re: Les sites de critiques qui trompent leurs lecteurs

Messagepar Greenheart » Lun 21 Juin 2021 10:43

IMDB croule littéralement sous les fausses critiques à 8-10 étoiles sur la page du dernier DISNEY PIXAR, "Luca". Beaucoup de ces "critiques" incluent bien sûr de la pub pour Disney Plus. Parfois on retrouve des bribes du dossier de presse, sans que cela prouve que le rédacteur ou l'intelligence artificielle derrière ces comptes ait jamais vu ce film.

Cette avalanche a évidemment pour but de noyer des critiques beaucoup moins favorables en date du 17 juin 2021 (la sortie du film sur internet ?), repoussées au plus profond de la base de données, technique bien connue des blanchisseurs du net chargé de refaire une virginité aux criminels multi-récidivistes faisant carrière en politique ou dans la banque.

***

Voici un court échantillon traduit par Deepl - parce qu'il y en a des pages du même genre :

10/10 : C'était un grand film familial. Excellent travail encore une fois, Pixar !

10 /10 : C'était si mignon et l'histoire était très intéressante. Sans aucun doute l'un de mes films Pixar préférés de tous les temps !

10/10 : J'ai vu tous les films Pixar jusqu'à présent, et chacun d'entre eux est 10 étoiles à coup sûr. J'ai aimé regarder ce film hier. Allez voir ce film, vous allez l'adorer, je vous le promets.

9/10 : C'est un film que mes enfants attendaient avec impatience et plus je voyais les publicités, plus je m'enthousiasmais avec eux et plus je faisais référence au film avec eux. Puis j'ai réalisé qu'il arrivait directement sur Disney+ et c'était génial car cela a rendu plus simple pour moi et mes 3 enfants de faire une soirée cinéma à la maison. Ils ont apprécié le film et moi aussi.


****

Et en voici une très drôle rétrospectivement, parce que vous pouvez l'appliquer au film d'horreur Dagon de 2001 adaptant deux nouvelles de Lovecraft, avec au programme hommes poissons cannibales et sirènes à tentacules.

8/10 : Ce film vous emmènera dans un monde différent. Où les gens peuvent faire l'expérience de choses comme, par exemple, ce que signifie une relation et toujours soutenir la personne qui croit en vous.

***

Comparez avec un extrait d'une vraie critique détectée grâce aux références et à une argumentation et des références qui se tiennent et qui n'ont à l'évidence pas été copiées-collées du dossier de presse ou des critiques officielles en ligne :



5/5 : Pixar meets bean-mouth?
18 juin 2021.

Je m'attends à une grande déception à propos de Luca, non pas parce que les critiques l'ont jusqu'ici qualifié de "seulement correct", mais à cause de son apparence. C'est Pixar, une société synonyme d'art et de créativité (à part les suites de Cars), qui prend le train en marche de la "bouche d'haricot".

Pour ceux qui ne le savent pas, le style artistique de la bouche en forme de haricot est une sorte de blague sur Internet. Souvent appelé à tort le "style CalArts" (simplement parce que de nombreux étudiants de CalArts en sont venus à l'utiliser ces dernières années), il fait référence au type d'animation 2D fluide mais simpliste utilisé par un grand nombre de séries modernes de Cartoon Network, Disney, Adult Swim, et même par les reboots de séries comme The Powerpuff Girls et Thundercats, ce dernier ayant déclenché un mème en 2017 où des personnages de dessins animés autrefois distinctifs étaient "rebootés" en créatures inoffensives de type bouba avec une bouche en forme de haricot.

Le film est au mieux mignon (un peu comme Raya et le dernier dragon, mais celui-ci était suffisamment légitime pour mériter la prime Disney+) et ressemble certainement à un bouche-trou qu'on peut sauter - quelque chose pour nous faire patienter jusqu'au prochain succès de Pixar. Mais justement, Pixar se porte plutôt bien, et ce film ne sera pas une énorme tache pour eux. Ils ont le droit de faire un film dans lequel une créature marine (Jacob Tremblay) erre sur la côte italienne en gardant des poissons-chèvres qui bêlent comme des chèvres (vous comprenez ?) jusqu'à ce qu'il défie les préjugés en se liant d'amitié avec des humains et, pour la plupart, en suivant les étapes habituelles d'une telle intrigue.

Le film se veut une rencontre entre Miyazaki et Fellini et est assez charmant dans ses tentatives d'imiter le genre de figures en stop-motion que l'on pourrait voir chez Aardman (même si, là encore, le résultat final rappelle quelque chose de tout à fait différent). Mais c'est loin d'être le film le plus magnifiquement détaillé de Pixar, malgré la façon dont il dépeint l'Italie côtière idyllique, ni le plus créatif. C'est juste quelque chose à regarder, et parfois c'est suffisant.


***

Et lisez à présent la fausse critique postée dans la foulée de la vraie, rédigée pour y répondre (sans argumenter) brièvement : l'auteur prétend avoir le même avis que le vrai critique, puis baratine tout en reconnaissant ne pas avoir vu le film qu'il encense :

9/10 : Pixar
denhom18 June 2021

Après avoir regardé la bande-annonce, j'ai même été alarmé par le fait que les personnages n'étaient pas visuellement attrayants et pouvaient ressortir nondits, et que l'œuvre serait un studio préféré au niveau d'une "voiture" MAIS ce long-métrage est comme une gorgée de mojito frais, vigoureusement frais et surtout des thèmes familiers dans une interprétation douce.

Source

***
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Re: Les sites de critiques qui trompent leurs lecteurs

Messagepar Greenheart » Mar 29 Juin 2021 06:07

Toujours sur IMDB, cette "critique" qui interpelle à plus d'un titre :

dominicsalgado a écrit:Best Horror Comedy Of 2020!

10/10

I Cannot Wait For More People To See This Film My Experience Watching Was One Of The Highlights Of The Whole Year For Me I Had This Film On My Watchlist For A Long Time And Seeing The Trailer It Looked Incredible With A Great Cast So I Went Into The Film With High Regards Because Black Fawn Films Do Not Disappoint.

I Had Such A Great Time Watching This Film It Was Both Creepy And Hilarious With A Fantastic Retro 80s Soundtrack.

I Have Seen Many Indie Horror Projects And Everything In This Film Is Above Average The Acting,Humor,Action, And Cinematography Were Very Impressive And For Anyone Who Is A Horror Buff And Loves When Comedy Is Mixed Well With Scares This Film Should Not Be Missed And Also It Is Very Rewatchable. I Hope The Film Gets The Recognition And Praise It Deserves!!


Traduction :

Je Ne Peux Pas Attendre Que Plus De Gens Voient Ce Film. Mon Expérience De Visionnage A Été L'un Des Points Forts De Toute L'année Pour Moi. J'avais Ce Film Sur Ma Liste De Surveillance Depuis Longtemps Et En Voyant La Bande-Annonce, Il Avait L'air Incroyable Avec Un Grand Casting, Alors J'ai Abordé Le Film Avec Beaucoup De Respect Parce Que Black Fawn Films Ne Déçoit Pas.

J'ai Passé Un Très Bon Moment En Regardant Ce Film, À La Fois Effrayant Et Hilarant, Avec Une Bande-Son Rétro Des Années 80 Fantastique.

J'ai Vu Beaucoup De Projets D'horreur Indépendants Et Tout Dans Ce Film Est Au-Dessus De La Moyenne. L'interprétation, L'humour, L'action Et La Cinématographie Étaient Très Impressionnants Et Pour Tous Ceux Qui Sont Des Amateurs D'horreur Et Qui Aiment Quand La Comédie Est Bien Mélangée Avec La Peur, Ce Film Ne Devrait Pas Être Manqué Et Il Est Très Agréable À Regarder. J'espère Que Ce Film Recevra La Reconnaissance Et Les Éloges Qu'il Mérite !

Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

Deepl n'a pas maintenu la typographie complètement fausse de l'article qui n'a cependant pas ému l'auteur. Pourtant les majuscules à chaque mot sautent aux yeux.

L'article est bien sûr une collection de phrases complètement générique avec seulement deux mentions pouvant s'appliquer spécifiquement au film : le nom du studio et la bande annonce années 1980. Rien sur l'intrigue, rien sur les personnages, rien sur les décors, rien sur le respect du genre horrifique promis ni en quoi le film en question (Vicious Fun, 2020) se démarque des autres films d'horreur, rien n'indique s'il appartient aussi à d'autres genres (Science-fiction, Fantastique, Policier etc.). Impossible de trouver un indice prouvant que l'auteur de la critique, s'il existe, a vu le film, si ce film existe.

*

Le même auteur a deux autres critiques, toutes récentes (2020 et 2021) dont je vous laisse apprécier les traductions respectant la typo d'origine. En ce qui me concerne, on dirait que quelqu'un teste une intelligence artificielle qui rédige de fausses critiques élogieuses dont il compte vendre les services automatisés au plus offrant avec un slogan du genre "pourquoi payer une ferme à troll quand une application sur votre smartphone peut faire le même boulot pour pas un rond ou presque ?". Il ne doit pas être seul sur les rangs sur IMDB, qui semble compter désormais près de 80% de fausses critiques au bas mot quand le film est censé être un blockbuster ou la série est censée être un succès d'audience.

*

Van Helsing : Past Tense (2021)
Saison 5, Episode 1
10/10
Première Géniale
17 Avril 2021
Je Ne M'attendais Pas À Ce Que La Première De Van Helsing Soit Aussi Surprenante. Je Suis Un Fan De La Série Et Des Saisons Précédentes Et J'attendais Vraiment Avec Impatience La Première De La Saison 5 Et Elle Ne M'a Pas Déçu, Et J'ai Vraiment Aimé Les Choix Cinématographiques Qui Ont Rendu La Série Plus Épique Et Plus Cinématographique.

Spoiler : "version originale" :
Van Helsing: Past Tense (2021)
Season 5, Episode 1
10/10
Awesome Premiere
17 April 2021
I Was Not Expecting This Premiere For Van Helsing To Be This Suprising I Am A Fan Of The Show And Of The Past Seasons And I Was Really Looking Forward To The Season 5 Premiere And It Didn't Disappoint , And I Really Loved The Cinematography Choices It Made The Show Look More Epic And Cinematic Can't Wait For Next Week!


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Méandre (2020)
10/10
Le Meilleur Film D'horreur De L'année !
26 Octobre 2020
En 2019, J'ai Lu Un Article De Bloody Disgusting Qui Disait Que Le Film Ressemblait À Un Mélange De Saw Et De Cube, Et C'est Une Excellente Comparaison !

J'ai Finalement Eu La Chance De Voir Le Film Et Il Valait Vraiment La Peine D'attendre Pour Un Film D'horreur Indépendant. Il N'y A Rien De Mieux Que Cela. Tout Était Génial Et Au-Dessus De La Moyenne, Y Compris Les Performances Et La Cinématographie.

J'ai Hâte De Voir D'autres Projets De Ce Réalisateur, Car Il Peut Vraiment Créer Des Films Passionnants Et Intéressants. Meander Sera Définitivement Sur Ma Liste De Films À Regarder En Octobre Chaque Année !


Spoiler : "version originale" :
Méandre (2020)
10/10
Best Horror Of The Year!!
26 October 2020
Back In 2019 I Read An Article From Bloody Disgusting That Says The Film Seems To Be Like Saw Meets Cube And That Is A Great Comparison!

I Finally Got A Chance To See The Film And It Definitely Was Worth The Wait For An Indie Horror It Doesn't Get Any Better Than This Everything Was Great And Above Average Including The Performances And Cinematography This Film Should Not Be Missed.

I Can't Wait To See More Projects From This Director Because He Can Truly Create Exciting And Engaging Films. Meander Will Definitely Be On My October Watchlist Every Year!!


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...d'un G qui veut dire Greenheart !
Greenheart
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