Greenheart le Ven 09 Nov 2012, 21:22

Il s'agit de la première adaptation du roman de Jack Finney.
Le blu-ray américain est sorti relativement récemment.
Multi-régions, pas de piste française, pas de sous-titres français ou même anglais.
L'histoire : un médecin couvert de boue et passablement agité a été arrêté sur l'autoroute en train d'essayer d'arrêter les automobilistes. La police l'a conduit directement à l'hôpital. Il est alors entendu par un inspecteur et un psychiatre et son histoire démontre à quel point il est perturbé, tant elle est psychotique.
Image format 2.00 : 1, noir et blanc : excellente - tous les détails fins y sont jusqu'au grain de la peau, cils etc. La qualité est stable d'un bout à l'autre du film.
Son : efficace, anglais mono. Pas de problème, pas d'immersion non plus, mais produit son effet.
Bonus : aucun, zéro, nada, niente, nichts, none.
L'invasion a été plusieurs fois réadaptée (trois, quatre fois ?), mais cette première version aurait largement suffit. Nous sommes dans un super-épisode de la Twilight Zone. Le début a de quoi faire grimper au mur, mais pas pour les raisons qu'on croit : notre héros, médecin modèle commence par examiner un gamin en larmes, qui affirme que sa mère n'est pas sa mère. Ni une ni deux, il lui prescrit un psychotrope histoire de le rendre plus docile, sans opérer aucune vérification - mais quel médecin aujourd'hui tente autre chose que gaver son patient en larmes de prozac et autres délicatesses ?
Deuxième cas de la journée, rebelote : le héros retrouve une adorable amie d'enfance (avec un décolleté "moussant" impressionnant) qui l'amène voir sa cousine, laquelle affirme que son père n'est pas son père, et que sa mère n'a pas sa mère. Aucun problème, notre médecin modèle s'efforce de la convaincre qu'elle est folle. Là encore, aucune vérification, et en avant les justifications présomptueuses sans aucun fait pour les appuyer. Car ce monsieur ne vérifie rien, ne s'assure jamais de la véracité de ce qu'on peut bien lui raconter : il préfère prétendre que tout est "normal", quitte à enfoncer son patient.
Le révoltant personnage emmène sa chère et tendre au restaurant, mais leur soirée romantique (le restaurant est vide malgré l'heure d'affluence, exactement comme son carnet de rendez-vous s'était subitement vidé) est interrompue par le coup de fil urgent d'un couple de ses amis : ils ont trouvé un cadavre qui n'en est pas un, qui n'a pas (encore) d'empreintes digitales et qui ressemble de plus en plus au mari. Et pour une fois, notre médecin modèle n'essaie pas de les faire interner, quoi qu'il tente de faire boire de l'alcool la femme pour la calmer, parce que c'est bien connu, en cas de crise, noyer son cerveau dans l'alcool, ça aide !

***
Passée l'envie furieuse d'en coller une au héros dès la seconde scène, il faut reconnaître que le réalisateur se débrouille très bien tout seul pour transformer la vie du personnage tête à claques en un cauchemar épouvantable. Le côté Twilight Zone finit d'ailleurs par se transformer en quelque chose de beaucoup plus violent et dérangeant, même si, encore une fois, dans les années 50, tout est dans le non-dit, le non-vu. Comme plusieurs autres films de cet époque, la réalité évoquée devient graduellement psychotique, à laquelle le spectateur n'échappe que de justesse.
Comme pour le Village des damnés de 1960, l'Invasion des profanateurs de 1951 a quelque chose de très moderne, très actuel, et rappelle fortement l'ambiance et les effets de la série The Walking Dead, sans les zombies.
Noter que le titre "L'invasion des profanateurs de sépultures" est une très mauvaise traduction : d'ailleurs, il n'est jamais question de sépultures profanées durant tout le film, alors qu'il y a bien "body snatching" (rafle de corps ?) selon le titre original.