The Outer Limits S02E12: Marché de dupes (1964)

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The Outer Limits S02E12: Marché de dupes (1964)

Messagepar Greenheart » Ven 31 Juil 2026 16:07

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The Outer Limits S02E12: Keeper of the Purple Twilight (1964)
Traduction du titre : Le gardien du crépuscule pourpre.
Titre français : Marché de dupes.

Diffusé aux USA le 5 décembre 1964.
Saison 1 sortie en blu-ray américain le 23 mars 2018.
Saison 1 et 2 sortie en blu-ray américain le 23 août 2022.

De Charles Haas, sur un scénario de Stephen Lord et Milton Krims ; avec Robert Webber, Warren Stevens, Gail Kobe, Curt Conway, Edward Platt.

Pour adultes et adolescents

Il n'y a pas de limite à l'extension d'un esprit curieux : il s'étend jusqu'à la fin de l'imagination, puis au-delà, dans les mystères des rêves, espérant sans cesse convertir même ses rêves en la Réalité, pour le plus grand bien de toute l'Humanité (NDT : ironique si vous en jugez le ton de la voix off dite "de contrôle").

Un grand bâtiment plat au sommet d'une colline avec un parking, de jour. De nuit, son portail : une grille de fer forgé entre deux piliers chacun surmonté d'une antenne parabolique. Sur le premier pilier, un panneau sur lequel il est écrit en lettres capitales Département de la recherche en électronique de Beekman Hall de Paseo, état du Nouveau Mexique ; sur l'autre, Absolument aucune entrée à des personnes non autorisées, aucun visiteur. Et ce portail est le seul moyen apparent de franchir une clôture électrifiée.

Une grosse voiture noire se présente pourtant au portail. Un homme aux cheveux blancs en costume cravate descend du siège conducteur, et rapidement se place debout au centre d'un cercle blanc juste au milieu devant le portail. Il se présente : "Franklin Karlin, 3-6-q-2-1. Des projecteurs s'allumes, illuminant l'homme et le véhicule, dont la carrosserie semble désormais claire, possiblement bleu électrique. L'homme retourne au volant de sa voiture tandis que le portail s'ouvre automatiquement par le milieu.

Soudain, entre les arbres Yuka, se matérialise un humanoïde macrocéphale, aux yeux exorbités, à la gueule zébrée de six ouïes, trois sur chaque joue et ses oreilles sont décollées et plissées. Il porte une combinaison moirée et une ceinture, des bottes , et ses mains sont grandes, et larges avec de très longs doigts, au nombre de six. Il fait deux pas en direction du portail, regardant la voiture de Karlin passer et s'éloigner sur la route. Puis il marche directement vers puis contre la grille du portail - et disparaît, pour réapparaître immédiatement derrière la grille et continuer de marcher le long de la route comme si de rien n'était.

Dans un laboratoire d'électronique brillamment éclairé, un homme aux cheveux noir (Eric Plummer) en bras de chemise et cravate semble occupé à régler un oscilloscope. La ligne droite qu'il essayait d'obtenir cède à des lassos lumineux virvoletant tandis que dans le haut-parleur le bip régulier s'est mué en sifflement. L'opérateur a l'air furieux, et semble se retenir de frapper sa machine à coup de poings. De dépit, il se repose sur le dessus de la machine et enfouit son visage derrière ses avant-bras croisés.

Alors la porte du laboratoire à petite fenêtre vitrée s'ouvre : c'est Karlin qui entre, et voyant l'opérateur, s'exclame : "Ah, vous voilà ! Encore à travailler tard..." L'opérateur grimace sans se retourner : "... à l'évidence."

Karlin contourne l'homme et sa machine pour voir le visage de son interlocuteur et demande : "Comment ça se passe ?" L'opérateur lui répond : "J'en sais rien." Alors Karlin le tance : "Cela fait plus d'une année que vous travaillez là-dessus, Eric."

Alors Eric se relève et frappe sa machine du plat de la main, et regardant Karlin droit dans les yeux, lance : "Ici c'est un laboratoire de recherche, pas une usine à saucisses !" Puis il contourne Karlin et va à sa table de travail pour feuilleter des notes : "Encore une équation, peut-être deux..."

Karlin répond : "Sortez-vous la tête de ça un moment, donnez à votre esprit..." Mais Eric hausse le ton, vocifère : "JE SAIS CE QUE JE FAIS ! Allez-vous me laisser tranquille ?"

Eric va pour sortir et prend sa veste sur le porte-manteau à l'entrée du laboratoire. Karlin revient à la charge : "Hunts est de sortie demain." Eric rétorque : "Qu'est-ce que cela a à voir avec moi ?" Karlin répond : "Il n'est pas content de l'argent que nous dépensons pour votre projet." Eric a enfilé sa veste, et se fige. Karlin insiste : "Je dois lui dire quelque chose d'encourageant."

Eric répond : "Alors vous lui direz..." Il hésite, reprend : "Vous lui direz ceci : dites-lui que je suis à deux équations près d'inventer une source d'énergie infiniment plus puissante que l'énergie atomique !" Et de se détourner : "Cela devrait être suffisant pour lui extirper quelques dollars de plus." Karlin n'en a pas l'air convaincu, cependant. Mais déjà Eric a poussé la porte du laboratoire et sort.

Karlin hésite, puis sort à son tour. Et dans le laboratoire resté vide, l'humanoïde macrocéphale se matérialise. Tranquillement, il va à la table de travail d'Eric pour lire les notes qui s'y trouve. Puis soudain, ce n'est plus un humanoïde macrocéphale, c'est un humain en combinaison de travail, cependant avec de grandes mains musclées rappelant vaguement celles de l'humanoïde. L'inconnu prend de quoi écrire et griffonne à la suite des notes d'Eric.

Une voiture blanche quitte le laboratoire, passe le portail et roule à très vive allure sur la route. Soudain, l'humanoïde macrocéphale se matérialise sur la banquette arrière et déclare : "Vous ne gagnerez rien à vous suicider." Sans tourner la tête, Eric soupire : "Je suis fatigué... Trop fatigué ; je ne peux pas..." Alors il regarde dans son rétroviseur, mais il n'y a personne sur la banquette arrière. Il regarde par-dessus son épaule, puis revient à la route. Non, personne.

Il freine alors juste à temps pour ne pas rater son virage, roulant un temps au milieu de la route à deux voies. Il soupire : "Mon vieux, mon vieux, mon vieux..." Puis, non sans faire crisser ses pneus, il va ranger sa voiture sur une place du parking de sa résidence. Comme il descend de sa voiture, l'humanoïde macrocéphale réapparaît sur la banquette arrière et le regarde s'éloigner.

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Re: The Outer Limits S02E12: Marché de dupes (1964)

Messagepar Greenheart » Sam 1 Aoû 2026 08:20

On dirait une Mary-Sue de quatre-sous, qui copie-collent deux intrigues de science-fiction probablement caviardée dans des magazines des années 1920-1930.
C'est scientifiquement inepte à tous les points de vue, mais le pire est l'élément centrale des émotions : les scénaristes n'ont l'air de n'avoir aucune idée de ce que c'est, même au seul titre de la biologie humaine.

L'approche est donc fantastique débile, l'extraterrestre (Ikar) a tous les pouvoirs : en gros, les scénaristes en inventent un nouveau à chaque fois qu'ils ont besoin d'avancer du point A au point B ; donc il n'a pas besoin du héros pour éliminer seul la totalité de la population humaine et donner la planète à son espèce.

Par rapport à la seconde saison, la production a visiblement ajouté au cahier de charge l'inclusion d'une jolie épouse ou future épouse qui veut absolument coucher (et qui couche s'ils sont effectivement mariés) hors caméra censure oblige. Comme si la production en chef recrutait pour son propre lit, ou le lit d'un probable Weinstein dont l'excitation aurait garanti le renouvellement de la série par la chaîne... en vain, donc.

L'actrice a du mérite de jouer toute la palette des émotions face des acteurs de bois (ils n'ont pas vraiment le choix, vu leurs "rôles") sur la base d'un scénario inepte...

On sent également que la production joue la montre et que le script tente de singer un épisode de la première saison en y incluant un certain nombre de scènes obligées : l'ours (les extraterrestres), les gadgets électroniques, la course poursuite avec cascade limitée, les "bagarres" très limitée, supposés choquer et surtout réveiller le spectateur entre d'interminables tirades mélos et considérations creuses.

Noter le monologue d'ouverture qui fait de fait mentir le titre même de la série : les limites les plus reculées de l'esprit, The OUter Limits (of the Mind), et le monologue qui proclame que l'esprit n'a pas de limites ou qu'elles sont extensibles à l'infini : le type qui a écrit ce monologue ne sait même pas pour quelle série, ni possiblement pour quel épisode il l'a écrit, puisqu'à la saison 2, les monologues sont presque interchangeables à volonté. Cf. le commentaire de Byron Haskin forcé de réécrire son script la veille au soir : indigne d'une production télévisuelle digne de ce nom.

***

Le commentaire de l'épisode est excellent et sans détour : ABC a piraté la production, augmenté les salaires de ses pions incompétents tout en sabrant le budget, mettant à la porte sans raison, et terrorisant les gens qui restaient de la production de la première saison. C'est typique de ce qui se passe à Hollywood et dans les (grands) studios où les parasites cherchent leurs proies parmi les nouvelles séries à succès, et profitent de la première ouverture pour mettre leur pied dans la porte, saboter et vampiriser. Dans le cas de The OUter LImits, c'est le départ des créateurs de la série.

Le commentaire cite au mot près les déclarations des témoins sur ces parasites, et c'est... piquant et fleuri.

Il y a aussi tous les détails des consignes de la censure, notamment les injonctions au mot près. Ils censuraient dès la première version du script, l'apparence des monstres, l'usage de personnages ou de figurants (interdit de montrer des enfants en train de jouer dans le parc d'une école, interdit de montrer des enfants parmi les gens du quartier enlevés par les extraterrestres etc.), interdit d'utiliser le mot tentacule ou d'en montrer.

La conclusion du commentateur : de toutes les membres de la production que j'ai interviewés, pas un seul n'a été capable de m'expliquer le sens du titre de l'épisode (original, Keeper of the Purple twilight)

Personnellement, je pense que la réponse est dans le témoignage qui précède juste avant : contrairement à aujourd'hui, ils n'avaient qu'un seul directeur des scripts, et il ne jetait rien. Le titre "Keeper..." est donc le titre d'un autre épisode en projet, qui a été copié collé sur le script, faute d'en trouver un meilleur ou parce que la censure ne voulait pas d'un meilleur titre.

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